Le cancer ne frappe pas au hasard, et chaque année, les inégalités sociales restent un facteur déterminant dans l’accès au dépistage. Dans les Ardennes, département où le taux de pauvreté est supérieur à la moyenne nationale (INSEE), on observe que la précarité s’accompagne souvent d’un renoncement aux soins, notamment à la prévention et au dépistage des cancers.
Des études menées par Santé publique France montrent que chez les personnes en situation de précarité, le taux de participation au dépistage organisé du cancer du sein chute de près de 10 points par rapport à la moyenne nationale. Cette tendance se retrouve pour le cancer colorectal et le cancer du col de l’utérus.
Pourquoi ? Parce que la précarité impacte directement de nombreux aspects du parcours de santé :
- La connaissance des dispositifs de dépistage reste souvent faible.
- Le rapport au corps et au système de santé peut être marqué par la défiance ou des expériences négatives antérieures.
- L’organisation du quotidien, sous la contrainte financière ou administrative, laisse peu de place à la prévention.
- Les barrières linguistiques ou la mobilité sont aussi des freins très concrets, en particulier dans les zones rurales ou isolées du département.
L’amélioration du dépistage pour ces publics est donc un enjeu de justice sociale autant que de santé publique.