1. Sélection et identification de la population cible
L’une des spécificités du dépistage organisé est d’être systématique mais ciblé. Voici comment sont déterminés les publics concernés :
- Le cancer du sein : femmes de 50 à 74 ans, sans symptôme ni antécédent particulier (hors situation à risque élevé ou très élevé)
- Le cancer colorectal : femmes et hommes de 50 à 74 ans, asymptomatiques, hors contexte familial à haut risque
- Le cancer du col de l’utérus : femmes de 25 à 65 ans, selon un rythme défini (tous les 3 ans après deux tests négatifs à un an d’intervalle)
Ces critères d’âge et de fréquence ne sont pas arbitraires, mais fondés sur les dernières données scientifiques (source : INCa).
2. Envoi des invitations personnalisées
Dans les Ardennes, chaque année, des milliers d’invitations sont générées par l’Assurance Maladie et l’ADECA 08. Ces courriers sont adressés directement au domicile des personnes concernées. L’envoi indique clairement l’examen à réaliser, les professionnels agréés à proximité et la marche à suivre.
- Pour le dépistage du cancer du sein, le courrier invite à prendre rendez-vous pour une mammographie bilatérale
- Pour le cancer colorectal, il s’agit d’un courrier de remise d’un test immunologique (à récupérer chez le médecin ou en pharmacie depuis 2022)
Environ 44 000 femmes ardennaises reçoivent chaque année une invitation pour le dépistage du cancer du sein (source : ADECA 08, voir site).
3. Réalisation du test : déroulé concret
- Pour le cancer du sein : la mammographie de dépistage est réalisée dans un cabinet de radiologie agréé ou à l’hôpital. L’examen est pris en charge à 100 % sans avance de frais (Ministère de la Santé). Elle peut être complétée par une échographie en cas de besoin.
- Pour le cancer colorectal : il s’agit d’un test immunologique à réaliser à domicile (un prélèvement très simple). On remet le kit après passage chez le médecin ou en pharmacie (nouveauté depuis le printemps 2022), puis il faut envoyer l’échantillon au laboratoire indiqué. Les résultats sont transmis au médecin et à la personne concernée.
- Pour le cancer du col de l’utérus : le praticien (médecin traitant, gynécologue ou sage-femme) réalise un prélèvement cervico-utérin lors d’une consultation. Le frottis cytologique évolue aujourd’hui vers un test HPV chez les femmes de plus de 30 ans.
4. Double-lecture et analyse des résultats
Cette étape est un gage de sécurité rarement connu du public. Pour le dépistage du cancer du sein, toutes les mammographies prises dans le cadre du programme organisé bénéficient d’une double lecture. Deux radiologues spécialisés, indépendamment l’un de l’autre, examinent les images. Cela permet d’augmenter la fiabilité et de diminuer les risques d’erreur (la littérature internationale estime à 6 à 10 % le taux de cancers détectés uniquement lors de la seconde lecture, source : INCa, voir étude).
Pour le dépistage colorectal et du col de l’utérus, les prélèvements sont analysés par des laboratoires habilités, avec des contrôles réguliers de qualité.
5. Transmission et explication des résultats
Les résultats sont transmis rapidement. Ils arrivent par courrier au domicile ou sont remis par le professionnel de santé. À ce stade, il existe deux situations :
- Résultat normal : le courrier rassure, explique pourquoi il est conseillé de refaire le test au bout du délai recommandé. Un schéma sur les invitations permet de visualiser le rythme du dépistage.
- Résultat nécessitant un suivi : en cas d’anomalie, le courrier précise le niveau de suspicion et la marche à suivre. Le professionnel de santé référent prend le relais pour organiser, sans délai, les examens complémentaires utiles.
6. Accompagnement en cas d’examen complémentaire
Si un examen complémentaire (biopsie, coloscopie, consultation spécialisée…) s’avère nécessaire, tout est fait pour éviter le sentiment d’abandon. Dans les Ardennes, l’ADECA 08 dispose d’une équipe d’infirmières spécialisées qui peuvent accompagner les personnes, expliquer les rendez-vous à venir et lever les inquiétudes. Cette proximité humaine fait partie de l’ADN local du dépistage.