Un accès facilité pour toutes les femmes
Longtemps, le frottis était réservé à la consultation chez le gynécologue. Depuis 2009, les sages-femmes peuvent réaliser cet acte : c’est souvent chez elles que le premier dépistage est réalisé pour des femmes qui n’auraient pas pris rendez-vous ailleurs. Dans les Ardennes en 2023, sur la base des retours de l’Assurance Maladie, environ 17 % des frottis réalisés dans le cadre du dépistage organisé l’ont été par des sages-femmes, soit une part en hausse de près de 30 % sur les cinq dernières années.
- Consultations en cabinet libéral et centres de santé : de plus en plus de sages-femmes ardennaises exercent hors hospitalier, offrant une alternative précieuse, en particulier dans les zones sous-dotées en spécialistes.
- Interventions mobiles et permanences rurales : des consultations avancées dans des maisons de santé ou des permanences ponctuelles s’organisent à Signy-l’Abbaye, Carignan, Vouziers. Cela limite la distance à parcourir, un enjeu majeur dans un département rural où l’accès aux soins peut être complexe.
- Accueil des femmes vulnérables : les sages-femmes accompagnent sans distinction : femmes précaires, migrantes, ou encore jeunes femmes n’ayant jamais consulté de gynécologue. Projet en partenariat avec l’ADESS Ardennes ou santé scolaire, elles veillent à l’inclusion de toutes.
Une explication adaptée pour lever les freins
Un des principaux freins au dépistage reste la méconnaissance ou la peur de la procédure. À ce titre, la relation de confiance et la pédagogie des sages-femmes changent la donne : elles prennent le temps d’expliquer le bien-fondé du test, démystifient la nature de l’examen, répondent sans tabou aux appréhensions sur la douleur, la gêne, ou sur la lecture des résultats.
Par ailleurs, la participation au dépistage n’est jamais imposée : dans chaque cabinet ou centre, un entretien précède l’acte, abordant l’histoire médicale mais aussi les craintes et les questions. Dans la région, 43 % des femmes ayant fait un premier frottis avec une sage-femme rapportent avoir été mieux informées sur l’intérêt du suivi régulier qu’auparavant (source : enquête locale Mutualité Française, 2022).